Sur la loi sur la transition énergétique

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Communiqué de Presse de Philippe Murer, Conseiller économique de Marine Le Pen

Ségolène Royal vient de présenter son projet de loi sur la Transition Energétique. Le moins qu’on puisse dire est que ce projet est assez étrange.

En effet, la priorité pour la France est de se passer de pétrole, puis de gaz et de charbon : il y a des risques importants de dérèglements climatiques et la production de pétrole aura nécessairement une fin, même si les spécialistes ne sont pas d’accord sur la date.

D’autre part, il sera difficile voire impossible de se passer en même temps de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles. Dès lors, il fallait choisir, le gouvernement ne l’a pas fait.

Une des mesures importantes du plan du gouvernement est de se passer d’un tiers de nos capacités nucléaires à l’horizon 2025. Le nucléaire existant, dont les installations sont amorties, est de loin l’énergie la moins chère. S’en priver fera forcément grimper la facture d’électricité de tous les Français tout en rendant notre production d’énergie plus riche en carbone.

Si une centrale est reconnue comme dangereuse par les organismes de sécurité, elle doit être fermée. Cependant, cette démarche doit être rationnelle et non dogmatique.

Le secteur nucléaire français n’a pas eu à souffrir d’accidents majeurs depuis 40 ans, il est impératif que cela continue. Pour minimiser les risques, il n’y a qu’une solution, de bon sens : que la sécurité passe avant la rentabilité. EDF doit donc redevenir une entreprise publique, une entreprise guidée par la sécurité de ses installations et non par la hausse de son cours de bourse.

Le nucléaire existant offre une indépendance stratégique à la France, une énergie peu chère avec des installations déjà payées, une énergie sans carbone.

Concentrons donc les efforts du pays sur les solutions pour se passer d’énergies fossiles et non sur la fermeture de nos centrales nucléaires! L’exemple de l’Allemagne montre qu’il s’agit d’un contresens absolu.

L’autre priorité du gouvernement est l’isolation des bâtiments. Or l’isolation n’est possible et « rentable » que si les taux pratiqués sont très bas. La reprise en main de la finance par l’Etat français en revenant sur la loi de 1973 est donc une priorité : les banques publiques et l’Etat doivent avoir accès à des quantités importantes d’argent à taux bas directement auprès de la Banque de France afin de financer à bas coûts les travaux d’isolation. Nul besoin d’engraisser les banques privées en passant par leurs fourches caudines ou de lever des impôts pour que les banques financent à taux 0!

Le choix du gouvernement de favoriser uniquement la voiture électrique n’est pas compatible avec des énergies renouvelables par définition intermittente. Le choix de développer aussi la voiture à hydrogène aurait été plus intéressant : 3 grands constructeurs d’automobile ont prévu de sortir des voitures à pile à combustible l’année prochaine et montrent leur confiance dans ce choix technologique compatible avec les énergies renouvelables. Il faudra forcément un vecteur de stockage d’énergie pour que la transition énergétique soit un succès, l’hydrogène en est un.

Si ce projet offre des pistes intéressantes comme le développement de la méthanisation et des tiers financeurs, il ne permettra pas aux industriels français de lutter à armes égales vis-à-vis de la concurrence internationale, notamment chinoise. Un protectionnisme raisonnable sur cette filière naissante est nécessaire pour que nos industriels se développent, que nous achetions des panneaux solaires et des éoliennes françaises, que nous créions des emplois en France.

A l’inverse, dans le plan de Ségolène Royal, les emplois créés seront des emplois d’installateurs ; les emplois industriels à haute valeur ajoutée seront créés en Chine ou en Allemagne.

Un EDF public, une mise au pas de la finance et un protectionnisme intelligent sont les mesures nécessaires pour développer en France une transition énergétique créatrice d’emplois et de richesse. Le gouvernement, prisonnier des règles de Bruxelles, a évidemment éludé le problème.

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