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Affaire des subventions à la région PACA : Vauzelle lâche Andrieux !

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La Provence :

Michel Vauzelle et Sylvie Andrieux ne lessivent pas leur linge sale en famille mais dans le cabinet du juge d’instruction marseillais Franck Landou. Deux mois après la mise en examen pour complicité de détournement de fonds publics de la députée PS, le président du Conseil régional a livré au magistrat sa version d’une affaire aux relents soufrés de clientélisme politique. Par des subventions allouées à des relais de terrain camouflés sous l’habit de responsables d’associations fictives, l’élue est soupçonnée d’avoir en fait rétribué son implantation et son élection dans sa circonscription, au coeur des quartiers nord de Marseille.

Dans son audition du 9 septembre, reçue sous le statut de témoin assisté, Michel Vauzelle réplique point par point à celle qui fut l’une de ses vice-présidentes, à la tête des élus socialistes jusqu’en mai 2009. Sylvie Andrieux évoquait, en juillet, « l’authentique pouvoir présidentiel concentré » mis en place par Michel Vauzelle. Elle revendiquait avoir « strictement appliqué la politique voulue par (lui) qui a souhaité faire de Paca la région des associations ». Elle assurait enfin n’avoir eu qu’une délégation de fonctions, non pas de signature. Michel Vauzelle s’oppose à cette analyse et replace la députée dans un rôle bien plus décisif que celui de la reine d’Angleterre, revendiqué par l’élue devant le juge. « Mme Andrieux avait une délégation de mon pouvoir total, donnée en toute confiance comme aux autres vice-présidents. Je leur délègue mon pouvoir et mes responsabilités dans le domaine que je leur attribue. »

Une machine à signer

Si les subventions aux associations -au total six millions d’euros- sont signées par Michel Vauzelle, c’est dû à une machine à signer. « Je ne prends pas de décision personnelle pour attribuer une subvention et donc je ne signe en fait que la notification d’une décision prise par la commission permanente. » Le président de l’exécutif régional assure avoir « toujours cherché à sécuriser la manière dont sont attribués les deniers publics ».

Michel Vauzelle considère que « le plus grand danger qui menace un chef de l’exécutif, c’est d’être coupé de ce qui se passe dans les profondeurs d’une grande institution ». Mais aux questions du juge, il a, à plusieurs reprises, assuré n’avoir pas su, pas été informé. Les « très fortes pressions » de Mme Andrieux sur les fonctionnaires du service traitant les dossiers de subventions ? On ne lui en a « pas fait part ». L’usage pour la campagne de la candidate socialiste de véhicules d’associations irrégulièrement subventionnées ? « Si on m’avait informé de tels comportements de Mme Andrieux pour sa réélection, j’aurais immédiatement réagi. » La convocation de l’élue par le chef de l’Inspection générale des services pour lui rappeler « l’importance du respect des procédures et de vérifier les activités des associations concernées » ? Réponse de M. Vauzelle : « Non, je ne l’ai pas su. Si je l’avais su, j’aurais reçu moi-même Mme Andrieux. » Pas au courant non plus d’une réquisition de la police pour des dossiers de subventions portés par la députée. « Je ne comprends pas ces dysfonctionnements car je n’ai cessé de sécuriser cette institution. » Michel Vauzelle cite pour preuve de son souci de transparence l’usage systématique qu’il a fait de l’article 40 – obligation pour un fonctionnaire de dénoncer une infraction dont il a connaissance -lorsqu’il était maire d’Arles, ministre de la Justice puis durant ses douze ans de présidence du Conseil régional.

Le juge, évoquant « la place importante de Mme Andrieux à la Région » revient à la charge : « Son comportement déviant ne vous a-t-il pas été signalé ? » Michel Vauzelle concède avoir « été au courant du caractère extrêmement fort de Mme Andrieux et de sa détermination (…). Mais rien ne justifiait qu’elle gère elle-même sans contrôle et apparemment au grand dam du directeur général des services, des dossiers à sa manière. » Après ce mano a mano judiciaire entre les deux élus, Sylvie Andrieux devrait être prochainement reconvoquée. Le 8 juillet, elle avait refusé de répondre à ses 34 questions. Motif : trop peu de temps laissé pour étudier les 11 000 pages du dossier.

Luc LEROUX

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