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Marseille : flambée de violence à l’hôpital

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La Provence :

Les agressions contre le personnel se multiplient

L’un a été blessé avec un poignard, l’autre frappé au visage, une troisième s’en tire avec une jambe dans le plâtre. Enfin, dimanche, un médecin a été victime d’une tentative d’étranglement. Et maintenant à qui le tour? C’est la question angoissée que se posent les soignants de l’hôpital Edouard-Toulouse (15e ), victimes en moins d’un mois de quatre violentes agressions de patients. A la suite des deux derniers incidents, une commission d’hygiène et de sécurité (CHSCT) a été convoquée, hier, en urgence.

« Le week-end dernier, un aide-soignant a été violemment frappé au visage et un médecin a subi une tentative d’étranglement », résume Pierre Tribouillard, secrétaire départemental FO-Santé, qui n’a plus de mots pour décrire l’exaspération des personnels. Car il y a trois semaines déjà, un patient de 35ans avait poignardé un aide-soignant à la jambe. Conduit en chambre d’isolement, l’agresseur avait pris la place d’un autre malade, autiste, qu’on avait dû faire sortir prématurément, bien que pas encore stabilisé.

Quelques jours plus tard, ce même malade bousculait violemment une infirmière qui se fracturait la jambe en tombant… Une série noire? Pour Pierre Tribouillard, cette violence est avant tout le résultat de la politique de fermeture des lits et de réduction des postes en psychiatrie. Le syndicaliste met en garde contre « une situation explosive »: « Nous sommes passés de 700 lits à l’ouverture de l’établissement à 150. Le manque de places oblige à refuser ou à différer des hospitalisations pourtant prescrites. L’état des patients s’aggrave et ils sont en crise aiguë lorsqu’ils arrivent enfin à l’hôpital ».

Seule solution pour obtenir un lit : l’hospitalisation d’office (sous contrainte) concerne désormais la majorité des patients. Et face à ces malades de plus en plus violents, les effectifs soignants se réduisent comme peau de chagrin. Le dernier projet d’établissement a supprimé 20 postes d’infirmiers et d’aide-soignants.

Trop peu nombreuses aussi, les chambres d’isolement: censées accueillir les malades en crise, ces chambres fermées sont monopolisées par les détenus hospitalisés en psychiatrie (lire ci-dessous). Hier, face à l’ampleur du malaise, la direction d’Edouard-Toulouse a accédé à l’une des revendications de l’intersyndicale (FO, CGT, SUD, en promettant des renforts de personnels.

Sophie Manelli

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