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Délinquance : les mauvais chiffres de Brice Hortefeux

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France Info 02/09/2009 : De meilleurs chiffres dans la lutte contre la délinquance. C’est ce que va demander aujourd’hui le ministre de l’Intérieur aux responsables départementaux de la police et de la gendarmerie. Mais l’équation posée aux forces de sécurité par le gouvernement parait impossible à résoudre.

+ 14% d’actes de violences aux personnes en 5 ans et une augmentation de 12% du nombre de cambriolages en seulement un an… c’est ce que révèlent les chiffres issus du dernier rapport de l’Observatoire national de la délinquance (OND), publiés en août. Du pain béni pour la gauche, qui s’est immédiatement emparée de ce bilan peu flatteur pour illustrer ce qu’elle estime être un « échec » de la politique de Nicolas Sarkozy. «  Le bilan est clair : depuis 2002, 12 lois en plus et une augmentation des violences sur les personnes de plus de 40% ! « , a notamment lancé Martine Aubry devant les militants socialistes réunis ce week-end à la Rochelle, où le PS tenait son université. Du côté de l’Elysée, en revanche, on l’a plutôt mauvaise.

Après avoir été convoqué hier par le chef de l’Etat, avec le directeur de cabinet du Premier ministre et des hauts responsables de la police et de la gendarmerie, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a d’abord répercuté le message présidentiel à la presse : il faut « mobiliser les forces de sécurité » afin « d’améliorer les résultats de la lutte contre la délinquance« … Il lui faut maintenant transmettre les consignes à ceux qui travaillent sur le terrain.

 

 

Une bonne remontée de bretelles. C’est donc ce à quoi peuvent s’attendent policiers et gendarmes, reçus cet après-midi place Beauvau. Mais n’en déplaise encore un peu plus au président de la République, dans les rangs policiers, cette approche comptable de la sécurité fait grincer des dents. « Ce Chiffre, c’est une gangrène pour le flic de base« , affirme le lieutenant Bénédicte Desforges, auteur du livre Flic (Editions Michalon – 2007), qui exprime au micro de France info le mal être de ses collègues qui doivent passer « plus de temps à remplir des tableaux de statistiques qu’à travailler« . D’autant plus quand on manque de moyens, renchérit Olivier Boisteaux, patron du syndicat indépendant des commissaires. « On nous demande toujours d’obtenir des résultats supplémentaires avec des moyens qui ne cessent de baisser. C’est un peu la quadrature du cercle« , explique-t-il, alors que 8.000 postes de policiers et de gendarmes doivent bientôt être supprimés.

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