L’exclusion de la France du pouvoir monétaire européen

 JEAN-CLAUDE MARTINEZ
député européen du Languedoc-Roussillon

Pendant que les socialistes jouent à l’Europe sociale et que, de l’UDF à Ph. De Villiers, Charles Pasqua et même l’UMP, on abuse la galerie des électeurs en faisant semblant de s’opposer à une admission de la Turquie, qui sera pourtant officiellement recommandée par la Commission européenne dans un rapport déjà rédigé pour être publié en octobre 2004, la France est en train d’être privée, dans le secret, de son droit de vote sur les décisions monétaires capitales de la Banque Centrale Européenne.

La politique monétaire de l’Europe, en effet, avec les conséquences dramatiques que les Français supportent dans la récession économique d’aujourd’hui, est décidée par le Conseil des gouverneurs de la Banque Européenne de Francfort. Parmi ses 18 membres figure le gouverneur de la Banque de France qui a le droit de vote sur toutes les décisions monétaires clefs comme la fixation des taux directeurs qui étouffent ou libèrent l’économie.

Or, sous prétexte de l’arrivée, un jour, au sein de ce Conseil, des 10 gouverneurs des banques centrales de l’Est, et pour le motif aberrant de faciliter les décisions futures, J. Chirac a accepté, le 21 mars 2003, en Conseil européen, que la France puisse être privée bientôt de son droit de vote sur les décisions monétaires conditionnant toute la vie économique de l’Europe. Et donc la vie quotidienne des Français.

Au sein du Conseil des gouverneurs, par rotation, la France va abandonner ainsi son droit de vote à l’Espagne, aux Pays-Bas ou à l’Italie. Privant par avance la France de pouvoir dire oui ou non aux politiques monétaires européennes, engendrant soit la récession, soit, au contraire, la croissance. Cette décision folle vient d’être approuvée, le 13 avril 2004, à l’Assemblée Nationale, par les UDF, les Verts, les socialistes et l’UMP emmenée par Pierre Lequiller, le propre directeur de la campagne européenne du parti d’Alain Juppé contre l’admission, dit-il, de la Turquie, mais pour la privation, là, du droit de vote de la France sur l’économie.

Laisser un commentaire